Comment les séries télé prennent-elles soin de nous ?
Comment les séries télé prennent-elles soin de nous ?

Description
La culture populaire peut-elle être une alliée dans cette période de grande fragilisation de la démocratie ?
Cycle EUPRAXIE – Culture populaire et démocratie
C’est la question que se pose Sandra Laugier, philosophe, professeure à l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne et spécialiste des séries télévisées, dans le cadre de son projet EUPRAXIE, du programme national ICCARE pour le développement des industries culturelles et créatives.
Un projet consacré à la façon dont les industries culturelles et la culture populaire contribuent à la résilience des sociétés et au bien-être, et jouent ainsi un rôle déterminant dans la protection de la démocratie.
Ce projet, nous avons choisi de lui donner de l’écho, au Théâtre de la Concorde depuis le 22 avril grâce à un cycle de rencontres artistiques consacré au lien entre culture populaire et démocratie, en présence d’invités du monde du cinéma et des séries télévisées.
Après une première séquence consacrée au cinéma populaire avec le réalisateur Arnaud Desplechin, cette deuxième séquence s’inscrira dans notre thématique de mai, « prendre soin », puisqu’elle s’interrogera sur la question suivante : Comment les séries télé prennent-elles soin de nous ?
En présence de Julien Lilti, co-scénariste de la série Hippocrate et du philosophe Thibaut de Saint Maurice, spécialiste des séries télévisées.
C’est Sandra Laugier elle-même, par ailleurs spécialiste de l’éthique du care qui assurera la modération de l’échange.
Pourquoi regardons-nous des séries télévisées ?
Sans doute d’abord pour se divertir. Mais ce détour par la fiction ne se réduit pas au plaisir esthétique. Les séries nous apprennent aussi à élargir notre expérience et ainsi à voir le monde différemment en nous faisant pénétrer dans ses « coulisses » : des lieux dont nous (pour la plupart du moins) ne sommes pas familiers.
L’hôpital, les prisons, le bureau des hommes politiques, les services de renseignement, les enquêtes de police : autant d’univers qui sont habituellement soustraits au regard du public et que les séries rendent largement accessibles. Loin de tromper leurs audiences, ces fictions prennent soin d’installer une familiarité inédite et mesurée avec tout un ensemble de réalités complexes.
De plus, les personnages auxquels elles nous attachent sont confiés à notre attention sur le temps long de plusieurs épisodes, voire de plusieurs saisons. Les séries prennent ainsi soin de la capacité des spectateurs à prendre soin justement, en développant chez chacun une attention aux évolutions et aux choix des personnages. Regarder une série, c’est apprendre à faire connaissance, à faire confiance, à questionner les choix des uns et des autres et, quand arrive la fin, c’est apprendre à quitter des personnages avec lesquels on a cheminé.
C’est s’entraîner à faire preuve de care.
La culture populaire a ainsi un rapport intime avec le soin et le care. Elle représente le care, exerce le care et prend soin des publics.
La série Hippocrate (2018-2024) a ainsi joué un rôle essentiel pour attirer l’attention sur le sort des professions de santé et la misère des institutions publiques du care.
Avec Julien Lilti, co-scénariste de la série Hippocrate (2018-2024) et créateur des séries Germinal (2021) et Oussekine (2022), nous essaierons de comprendre comment des fictions peuvent prendre soin de leur public.
Avec Thibaut de Saint Maurice, philosophe et spécialiste de la morale des séries télé, nous essaierons de comprendre comment les séries peuvent constituer une ressource d’éducation morale et de formation démocratique.
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