Nouvelle année, nouveau programme !
« Quand la parole se fige, quand les voix se radicalisent, quand les diversités s’estompent, la démocratie vacille. Le risque totalitaire n’est jamais bien loin : il naît du silence, de la peur du dialogue et de l’ignorance. De ce moment où l’on se laisse séduire par des discours enjoliveurs et réducteurs, de « bon-sens » mais démagogiques, jouant sur la peur donc dangereux.
Au Théâtre de la Concorde, nous croyons que le théâtre peut et doit être un espace de résistance à ces dérives. Un lieu où l’on apprend à écouter sans juger, à débattre sans s’invectiver, à se confronter sans craindre de perdre un.e ami.e, un.e allié.e. »
Elsa Boublil, directrice du Théâtre de la Concorde
Un premier trimestre sous tension démocratique et créative
Le Théâtre de la Concorde ouvre l’année 2026 avec un trimestre d’une grande intensité, où la création retrouve toute sa puissance politique et poétique. Après une fin d’année consacrée aux grands débats citoyens, nous revenons en janvier avec une programmation qui met les fractures du monde en jeu – non pas pour les lisser, mais pour les comprendre.
De janvier à mars, la programmation traverse trois grandes questions : le pouvoir, la connaissance et l’apparence. À travers des formes très différentes, tragédie, théâtre documentaire, performance, musique…, nous vous invitons à explorer ce que la démocratie devient lorsqu’elle s’éloigne de ses promesses.
Parce que « faire théâtre », c’est résister à la simplification, c’est croire que chaque silence peut devenir parole, et que chaque spectacle peut être un acte de résistance démocratique.
Les Procès fictifs, un format signature
Depuis l’ouverture du Théâtre de la Concorde, les procès fictifs sont devenus un rendez-vous incontournable, un laboratoire civique où le théâtre et le droit se rencontrent pour éclairer les grandes tensions de notre époque. Ils transforment la scène en un laboratoire civique où experts, artistes, témoins, journalistes et personnalités publiques débattent ensemble d’une grande question de société.
Chaque « audience » invente sa forme – tribunal populaire, dispositif immersif, tribune médiatique – mais une chose ne change jamais : le jury, c’est vous. Vous écoutez, vous interrogez, vous réagissez. Vous tranchez.
- En 2026, nous poursuivons l’élan avec :
un Procès fictif de la Conscience qui mettra en accusation les cadres de la pensée des Lumières et leur empreinte encore puissante sur notre vision du monde - un Procès de Poutine imaginé par Amnesty International France et le studio Sonique ;
- Et d’autres audiences à venir, qui, chacune à leur manière, vous inviteront à déplacer vos certitudes.
Des œuvres qui naissent en 2026
Cette année, nous allons plus loin dans notre engagement auprès des artistes : nous nous impliquons dès la naissance des œuvres. Nous voulons offrir un espace de recherche, de travail et d’écoute où de nouveaux récits peuvent émerger.
Au cœur de cet élan : Bérénice, la première création entièrement produite par le Théâtre de la Concorde. Mise en scène par Anne Kessler, la pièce ouvre l’année avec une proposition audacieuse : renverser la salle, placer les acteurs dans les gradins, le public sur le plateau. Un geste simple et brûlant où la langue de Racine retrouve un souffle vif, au plus près des regards.
En février, nous accueillons et coproduisons Forcenés, adapté du texte de Philippe Bordas et mis en scène par Jacques Vincey. Une scène devenue terrain d’endurance, où un cycliste-acteur porte la langue intense de Bordas dans un corps en lutte. Entre littérature vibrante et performance physique, la pièce explore ce que veut dire tenir.
Enfin, Notre histoire (se répète), également accompagnée en coproduction, création de Jana Klein et Stéphane Schoukroun, s’attache aux frontières mouvantes entre réel et fiction. À travers un duo qui revisite mémoire et héritage, le spectacle interroge ce que nos récits intimes disent du monde qui nous entoure.
Avec les Ateliers de la Concorde, vous avez le pouvoir de faire !
Parce que le théâtre vit aussi avec ceux qui le pratiquent, nos ateliers continuent tout au long de l’année. La deuxième édition de l’appel à projets « Ma citoyenneté, mes droits, mes rêves » permet de prolonger notre travail avec les associations parisiennes tout en vous donnant, à vous, un vrai terrain d’expérimentation : danse, stand-up, slam, créations collectives…
Trois mois pour interroger notre époque
De janvier à mars, nous multiplions les formes interactives : procès fictifs, rencontres, poésie partagée, ateliers participatifs, lectures à voix haute…Pour redonner du sens à ce qui fonde le collectif : la parole, le désaccord, le lien.
Chaque mois sera guidé par une thématique forte :
Le mois de janvier sera construit autour de « L’abus de pouvoir », dans les institutions comme dans nos vies intimes, dans les habitudes, les hiérarchies, les gestes.
Février sera rythmé par une programmation autour de « L’ignorance en démocratie », dans un monde saturé de flux, de récits concurrents, de vérités parallèles.
Enfin, ce seront « Les grand·e·s oublié·e·s de la démocratie » qui guideront le mois de mars, les présences discrètes, les vies tenues en marge, les voix qui ne trouvent jamais l’espace où résonner.
Ce premier trimestre 2026 place la réflexion démocratique au cœur du théâtre : l’abus de pouvoir, l’ignorance, les récits manipulés, mais aussi la solidarité, la lucidité, la transmission. Entre débats, spectacles, analyses et créations, nous faisons de la scène un lieu où l’on pense, où l’on écoute, où l’on regarde autrement. Un lieu où l’on se rassemble pour comprendre ce qui vacille – et ce qui, malgré tout, permet encore de tenir ensemble.